Pourquoi vous devriez vous mettre à la pensée visuelle sans tarder (et comment vous lancer) 2/2 ?

Bonjour !

Me voilà de retour, pour la suite et fin de ce long article en deux épisodes, sur l’utilisation de la pensée visuelle dans votre vie de tous les jours.

Dans l’article 1/2 ( à relire ici), j’avais abordé la nécessité de se former aux outils visuels pour comprendre un monde qui devient de plus en plus complexe et chargé d’informations transitant rapidement.

Ceci, afin de pouvoir à la fois mieux retenir, vous former plus efficacement, et communiquer plus rapidement vos idées, entre autres.

La pensée visuelle est un médium si puissant et transverse ( utilisé en sciences, en entreprise, en pédagogie…), qu’il serait vraiment dommage de vous priver de son utilisation et de ses nombreux bénéfices ( pour vous et les autres) !

Sans parler de la possibilité que vous avez de vous former, par vous-même, sur ces outils. En effet, encore considérées comme des techniques « de niche » il y a 5 ans à peine, vous pouvez dorénavant trouver pléthore de ressources ( livres, vidéos, tutos, sites spécialisés, blogs…) en français pour vous initier au mind-mapping, sketchnoting, au scribing, à la facilitation graphique, et plus globalement à l’accompagnement par le dessin.

OK, mais, concrètement… de quoi parle-ton ?

Oui, c’est ce que vous devez vous demander, parce que le terme de « pensée visuelle », hé bien… c’est un peu flou, n’est-ce pas ? 🙂

De la manière dont je l’envisage, il s’agit de l’ensemble des outils permettant de visualiser votre pensée et de la hiérarchiser. Cela englobe donc les schémas, les matrices décisionnelles, les canevas, les « murs de Post-it », les cartes mentales ( ou mindmap), les tableaux blancs participatifs en ligne, la facilitation graphique et le sketchnoting, entre autres outils ( cette liste est volontairement non exhaustive )… Tous ces outils ont en commun de vous amener à traduire votre pensée en un objet  » à lecture ramifiée » ( pas comme l’écriture d’un texte, qui est une lecture linéaire), très proche du fonctionnement neuronal de notre cerveau.

D’accord… mais pourquoi est-ce que cela fonctionnerait mieux qu’une « prise de notes classique » ?

Tout d’abord, à cause du point cité plus haut : l’écriture est un processus de lecture linéaire ( on chemine du point A au B, puis au C et ainsi de suite…), qui amène à oublier les points déjà vus ( qui se souvient encore de ce que le point A traite, quand il arrive au point F ?….).

En ce qui concerne la prise de notes de lecture ( prendre des notes lorsque vous lisez un livre), la quasi-totalité des personnes avec lesquelles j’ai échangé à ce sujet m’avouent ne pas relire leurs notes… et donc oublier le contenu de leur lecture au fur et à mesure.

Concernant les notes collectées à partir d’informations auditives ( prise de notes en cours, résumé d’une conférence, etc.), utiliser des outils visuels vous permet de sortir du piège de la retranscription « mot à mot », et donc de prendre du recul et d’élargir votre compréhension du sujet traité et des concepts abordés ( j’avais traduit sur mon ancien site un article en anglais très intéressant à ce sujet : https://notescroquees.com/2016/09/08/ce-que-vous-manquez-en-prenant-des-notes-sur-un-ordinateur/ ).

Enfin, l’efficacité de la pensée visuelle repose, à mon sens, sur deux phénomènes très puissants: le cône d’apprentissage d’Edgar Dale, et le « Picture Superiority Effect ».

Le Cône d’Apprentissage d’Edgar Dale :

Cone d’apprentissage d’Edgar Dale. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%B4ne_de_l%27apprentissage

Edgar Dale, professeur et chercheur en éducation, a identifié les différents canaux d’apprentissage ( lire, écouter, voir, etc.) et les a mis en regard avec les résultats obtenus. Il en est ressorti deux grandes idées :

Nous retenons davantage lorsque :

  • nous engageons plusieurs sens,
  • nous sommes impliqués dans l’apprentissage.

La pensée visuelle implique d’écouter/de lire, puis de prendre le temps de synthétiser les informations, et enfin de retranscrire graphiquement et de hiérarchiser ces informations. Plusieurs sens sont donc engagés ( écoute, lire, voir, ré-écrire, modéliser ou dessiner, voire ré-expliquer à d’autres), et cela nécessite une vraie implication dans l’apprentissage ( écoute active, puis retranscription avec ses propres mots), donc au final une bien meilleure mémorisation ( 90% ).

Le « Picture Superiority Effect » :

Nous sommes des êtres profondément visuels, et les images nous parlent spontanément ( « une image vaut mille mots »). Si l’implication est l’une des clés de l’apprentissage, comme nous venons de le voir, l’on n’a pas véritablement appris quelque chose, tant qu’on ne l’a pas mémorisé.

L’utilisation d’un support visuel permet donc de renforcer la mémorisation. Cet effet est connu sous le nom de PSE ou Picture Superiority Effect ( en gros, cela signifie que l’on retiendra bien plus facilement une image qu’un texte).

D’accord, je suis convaincu.e de l’utilité de la pensée visuelle, mais… comment me lancer ?

Rien de plus facile, il vous suffit de lire mes ebooks sur le sketchnoting ! 🙂

Auto-promo mise à part 🙂 , vous pouvez commencer par lire mon article sur mes « meilleures lectures », compilant de nombreuses ressources écrites sur la facilitation graphique et la pensée visuelle.

En termes de matériel, commencez léger, et avec des supports peu onéreux :

-des feuilles blanches pour imprimante, en 90g, format A4 et A3 ( selon le sujet que vous allez traiter). Vous pouvez également scotcher plusieurs feuilles à la suite selon vos besoins… Certaines fois, les idées fusent, et il ne faut pas s’arrêter aux limites de votre support !

-un carnet, si vous préferez le format « compact et passe-partout ». J’apprécie particulièrement les petits carnets spiralés Canson Notes, mais un bon vieux « Zap book » peut tout aussi bien faire l’affaire. Attention cependant, les grammages de ces cahiers ( env. 80g) n’autorisent que des techniques « sèches » ( feutre, papier, crayon…). Les marqueurs à alcools pouvant éventuellement traverser votre feuille, pensez à utiliser une feuille comme « buvard », en dessous de celle sur laquelle vous travaillerez.

-des feutres noirs, tout simples ( les Flair M de Paper Mate sont très corrects, bien que ma préférence aille aux feutres noirs Uni-Ball Sign Pen, pour leur confort d’écriture et leur encre indélébile !)

-et pour rajouter des couleurs, je vous conseille les marqueurs à alcool Letraset Promarker. Pour en avoir utilisé beaucoup d’autres, ce sont les seuls que j’ai conservé. Leurs couleurs sont douces, miscibles entre elles, les coups de marqueurs s’estompent pour laisser une surface colorée unie, et le nuancier est incroyablement fourni.

Ci-dessus : synthèse dessinée d’un cas de coaching, analysé sur 16 pages.
Ici, toutes les infos essentielles tiennent sur… une seule page de carnet A5.

Bien sûr, par la suite, si vous vous sentez à l’aise avec l’outil numérique, vous pourrez directement travailler sur un support graphique numérique ( sur votre tablette android, Ios, votre surface pro, etc.)

OK, je me lance… mais comment faire évoluer ma pratique ?

Ne vous mettez pas de pression inutile, prenez le temps de lire les ressources citées plus haut, d’expérimenter et prendre du recul sur vos synthèses.

Vous pouvez confronter vos synthèses aux regards extérieurs pour avoir des avis sur la clarté de votre synthèse, sur la hiérarchisation des données et sur votre lisibilité avant tout. L’aspect esthétique ne peut, et ne doit, se rajouter sur une synthèse, que lorsque celle-ci est déjà « solide » ( i.e contient les infos nécessaires, est lisible, hiérarchisée, et fonctionne sans commentaires extérieurs). Comme pour beaucoup d’outils, la clé réside dans la pratique, ne vous découragez pas 🙂 !

Je vous souhaite de belles découvertes et expérimentations graphiques dans la pensée visuelle !

Anne

Cet article contient des liens affiliés, pour en savoir plus sur l’affiliation, cliquez ici.

Publié par AnneB

Illustratrice, scribe, mais aussi musicienne, formatrice et auteure... Free-lance, je suis ouverte à toute proposition de collaboration, rencontrons-nous !

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